L’avenir de nos assiettes et de nos champs passent aussi par les urnes... Alimentons 2012
Parce que les AMAP ont leur mot à dire dans le cadre des politiques publiques alimentaires et agricoles, le réseau des AMAP de Provence, Alliance Provence, participe à la campagne Alimentons 2012, dans le cadre des élections présidentielles.
Parce que nous attendons de la future présidence française qu’elle s’engage en donnant la priorité au développement d’une agriculture paysanne et biologique équitable, solidaire et accessible à tous, Alliance Provence vous invite à prendre connaissance de l’appel national Alimentons 2012, à le signer et à le diffuser.
Alimentons 2012 : Commençons localement dès maintenant
“Tous les 7 ans, à cause de l’artificialisation des sols, la France perd l’équivalent de la superficie d’un département en terres cultivables ; chaque semaine 200 fermes en moyenne disparaissent au profit de l’agrandissement d’autres d’exploitations ou de l’urbanisation. La France compte environ 8 millions d’obèses et 3,2 millions de personnes qui ont recours à l’aide alimentaire, de façon intermittente ou permanente. La plupart de nos aliments ont parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans notre assiette.
Faire de l’alimentation une priorité est un projet de « haute nécessité » démocratique. Notre alimentation, comme les terres agricoles, ne sauraient demeurer un enjeu de spéculation commerciale et boursière.
En nous dépossédant de notre rapport à l’alimentation, l’agro-industrie nous prive toujours plus du savoir produire, conserver et cuisiner les aliments. Elle mutile notre rapport aux sols, aux territoires et aux saisons. Elle nous prive des liens sociaux associés à la production, à l’échange et à la consommation de nourriture. Reconquérir notre rapport à l’alimentation, c’est sortir de l’agriculture pétrochimique, c’est retrouver la liberté de développer des activités riches en emplois utiles, capables de rendre l’économie plus équitable.
Se réapproprier son alimentation, c’est retrouver le goût des choses, du vivant, des idées et des relations sociales qui façonnent notre vie quotidienne en lui donnant sens et saveur, c’est retrouver le goût de penser par soi-même et le plaisir des repas partagés.
Se nourrir est un enjeu vital pour un habitant sur six de la planète qui souffre de la faim. Reconquérir notre rapport à l’alimentation c’est refuser que le plus grand nombre d’entre nous ne se voit contraint à une alimentation de qualité médiocre, carencée, voire nocive à sa santé.
Il appartient aux populations, aux institutions et aux organisations sur leurs territoires, au nord comme au sud, de s’approprier la souveraineté alimentaire.
Reconquérir notre rapport à l’alimentation c’est :
Ces engagements sont plus que jamais d’actualité. Leur mise en œuvre, indépendamment d’un calendrier national et international, repose sur une réelle volonté politique d’agir localement dès maintenant.
En 2009, lors des élections européennes, nous avions lancé « alimentons l’Europe », une campagne d’interpellation des candidats aux élections européennes pour repeupler l’Europe de paysans. Aux élections régionales, nous avons poursuivi notre action par une nouvelle interpellation sur la manière dont les élus, dans les territoires, déclinent précisément leurs engagements en matière de politique foncière et de création d’emplois pour les jeunes dans les filières locales d’alimentation saine.
Parce que nous prenons l’engagement politique au sérieux, nous attendons donc, de toutes les formations engagées dans la préparation des échéances électorales de 2012, qu’elles rendent public le bilan des actions concrètes et des initiatives conduites par leurs élus dans les territoires en matière de foncier agricole, d’installation paysanne et de développement des filières locales d’alimentation saine.
Faire parler les actes dès maintenant, c’est la meilleure façon de crédibiliser les discours et les annonces à venir.
Nous nous engageons à publier les réponses qui nous seront parvenues sur le site www.alimentons.2012.fr. ”
Le 10 octobre 2011.
Minga, Nature et Progrès,
Premiers signataires : Alliance Provence, réseau régional des AMAP de PACA, Comité National de Liaison des Régies de Quartier, Réseau Semences paysannes, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, Frères des Hommes, Bio Consomm’acteurs, Bio Consomm’acteurs Provence, Association filière paysanne, RECIT (Réseau des écoles de citoyens), Euskal Herriko Laborantza Ganbara (Chambre d’agriculture du Pays basque),CFSI - Comité français pour la solidarite internationale, Jean Gadrey (professeur d’économie), Michel Onfray (philosophe), Marc Dufumier (ingénieur agronome et professeur à AgroParisTech), Edgar Morin (philosophe), Philippe Desbrosses (agriculteur, docteur en Sciences de l’Environnement), Jacques Testart (chercheur biologie), Bernard Perret (ingénieur et socio-économiste), Pr Henri Joyeux (Chirurgien-Cancérologue, spécialiste international des relations "Alimentation et Maladies de Civilisation"- Faculté de Médecine de Montpellier), Christian Vélot (Enseignant-Chercheur en génétique-Docteur en biologie), Christian Jacquiau (économiste), Pierre Besse (paysans, membre du conseil d’orientation du Miramap), Dr Jean-Loup Mouysset (cancérologue oncologue fondateur de l’association RESSOURCE)