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A l’occasion de la manifestation Fest’Amap, deux paysans japonais sont venus livrer le témoignage de leur expérience après la catastrophe de Fukushima.

Si Shinpei, Toshihide, Hiroko et Marc sont venus témoigner, c’est bel et bien pour qu’on n’oublie pas Fukushima, pour que nous retenions les violentes leçons de Fukushima...

Le texte ci-dessous reprend les grandes lignes de leur intervention.

« Pour l’avenir de nos enfants, il faut sortir du nucléaire ! »

11 mars 2011- 14h46 : un séisme de magnitude 9 est enregistré au Nord-Est du Japon, secouant la zone de Fukushima pendant plusieurs interminables minutes pour les habitants de la zone. Puis, les côtes étaient ravagées par le tsunami. Ces phénomènes naturels ont occasionné de graves conséquences sur les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima qui rejette depuis des émissions radioactives.

« Comment allons-nous vivre après cela ? » s’interroge Toshihide KAMEDA qui n’a d’autre choix que de rester dans la zone de Fukushima pour espérer « obtenir une indemnisation du gouvernement ou de Teipco », l’operateur privé en charge de l’exploitation de la centrale.

En effet, au-delà des conséquences directes sur la santé des habitants du Nord-Est du Japon, la catastrophe nucléaire impacte directement la survie alimentaire de nombreuses familles. Le Japon compte près de deux millions de fermes de moins de 2 hectares. Plus de 800 000 fermes servent à nourrir les exploitants qui ont par ailleurs une activité professionnelle. A cela, il faut ajouter les quelques 430 000 fermes qui ont une activité commerciale.

Une catastrophe sans précédent ?...

Cette catastrophe n’est pourtant pas sans précédent. L’histoire nous montre que le nucléaire a déjà causé des ravages il y a 26 ans. « En 1986, j’étais au Bengladesh pour promouvoir l’agriculture biologique. A cette époque, le gouvernement souhaitait développer fortement cette énergie. Les compagnies privées intervenant sous monopole d’Etat qui ont pris le marché ont proclamées haut et fort que la sécurité de cette énergie n’était pas à mettre en cause. Ils affirmaient que le niveau des ingénieurs et des techniciens d’Ukraine était bien moindre que ceux du Japon » explique Shinpei MURAKAMI. Militant au sein des mouvements anti-nucléaires, très actifs au sein du Japon en 1986, il a fait le pari de croire en son pays et de croire en la sécurité des installations de Fukushima. De toutes les manières, « Nous n’avions d’autre choix que de les croire ».

En revenant de Thaïlande, Shinpei s’est d’ailleurs installé à 40 km de la centrale pour y développer son activité et y vivre avec sa famille. Aujourd’hui, il s’interroge sur son choix de l’époque. « Je savais très bien que si la centrale explosait je ne serai pas en sécurité à 40 km de distance ».

Mais encore une fois, voilà ce que l’on nous disait : « L’énergie nucléaire est bonne pour l’environnement car ne produit pas de gaz carbonique responsable du réchauffement climatique ». Quid des conséquences du nucléaire sur l’homme et la nature ! ?

Shinpei, lui ne peut que constater le niveau de contamination de sa ferme qui est trois à quatre fois plus élevé que sur les zones évacuées à Tchernobyl. Il a ainsi perdu son exploitation, son habitation, son restaurant macrobiotique entièrement construit par lui. Toute sa vie, celle de sa femme et de ses trois enfants, est ainsi à reconstruire.

Shinpei est sans appel : « Si nous voulons avoir une attitude responsable vis-à-vis de nos enfants, il faut impérativement stopper le nucléaire !!!! ». Toshihide KAMEDA est paysan et père de trois enfants. Il était installé à Minami Soma et a dû quitter sa ferme : il est depuis 2004 président de la confédération des paysans de Fukushima (Nôminren, affiliée à Via Campesina) qu’il a cofondé il y a 20 ans. La famille de sa petite sœur a été sinistrée par le tsunami. Avec eux, ils sont onze à devoir reconstruire leur vie dans un nouveau lieu.

Shinpei MURAKAMI est aussi paysan, père de trois enfants. Il était installé à Iitaté depuis 9 ans et suite à la catastrophe, a déjà évacué avec sa famille dans le "sud" du Japon grâce à la coopérative Ainô. Il pratique la méthode de d’agriculture naturelle et l’a diffusée pendant plusieurs années en Thaïlande où il était coopérant.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo de leur conférence, réalisée quelques jours après Fest’AMAP, à Fougères :
2 Paysans de Fukushima à Fougères ... (part I ) par lagoradeBretagne

Nous remercions chaleureusement Shinpei, Toshihide, Hiroko et Marc pour la force et le courage de leur témoignage.

Nous remercions aussi Christelle Masse d’avoir accepté de rédiger cette synthèse de la conférence.


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